Actualités|août 16, 2019

UX mobile : les 7 mythes les plus tenaces de l’expérience utilisateur sur mobile

Avec un taux d’adoption de 56 % dans le monde en 2018, l’influence du mobile est plus prégnante que jamais. 

On estime même que l’ecommerce mobile devrait représenter 54 % du total de l’ecommerce d’ici 2021.

Pourtant, les taux de conversion sur smartphone ne décollent toujours pas. Au contraire, avec une moyenne de 2 %, ils demeurent toujours loin derrière les performances du traditionnel ordinateur de bureau.

Ce paradoxe ouvre naturellement la porte à des spéculations relevant davantage du mythe que de l’analyse factuelle et chiffrée.

Afin de vous éviter des mesures correctives chronophages, coûteuses et inefficaces, nous avons listé sept mythes de l’UX mobile qui affichent toujours une forme insolente en 2019.

 

 

1 – L’internaute mobile n’a pas le temps 

Rentrons dans le vif du sujet avec le mythe le plus coriace : les internautes mobiles seraient plus pressés que leurs homologues sur desktop.

La réalité est en fait bien plus nuancée et doit être considérée sous le prisme de l’usage.

Alors qu’un internaute desktop navigue dans des conditions très souvent similaires (en station assise et au calme), les modes de navigation de l’internaute mobile sont bien plus divers.

En effet, il existe autant de contextes de navigation que de situations : vous n’utiliserez pas votre smartphone de la même façon dans un bus bondé que devant la machine à café du bureau ou dans la rue à la recherche d’une adresse et sous une pluie battante.

Et ces moments de connexion peuvent parfois être longs, dans les transports en commun ou encore dans une salle d’attente.

Rien d’étonnant donc à ce que 51 % de la population mondiale accède à Internet d’abord depuis son mobile.

statistiques utilisation de l’internet mobile dans le monde

 

Pourtant, les temps de session sur smartphones demeurent toujours 50 % inférieurs aux temps de session bureau. 

En cause ? L’attention des mobinautes. Si ceux-ci disposent de créneaux de connexion équivalents au bureau, les conditions, quant à elles, varient très sensiblement.

Mauvaise connexion, sites non adaptés au mobile, publicités intempestives, autant de freins à la navigation qui, au mieux, déconcentrent l’utilisateur, au pire, génèrent un sentiment de frustration et le rendent… beaucoup moins patient.

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ux-international-map

 

2 – L’internaute mobile recherche la simplicité

Voici un second mythe qui fait long feu et que l’on peut rapprocher du précédent : les internautes mobiles fuiraient la complexité.

Si vous pensiez qu’il était nécessaire de simplifier votre interface au maximum afin de répondre à cette problématique de micro-moments de connexion, vous vous trompez de combat !

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En effet, si les besoins de l’internaute mobile sont aussi variés que ses contextes de connexion, il ne s’agit pas uniquement d’épurer votre site web mais de proposer une (des ?) expérience qui  réponde parfaitement à ces besoins spécifiques.

Par exemple, une page produit mettant en avant un bien avec de belles photos mais dénuée de détails ou d’éléments de réassurance aura peu de chance de convertir.

A l’inverse, si votre store locator demande différentes manipulations à l’utilisateur pour trouver la boutique la plus proche, les risques que celui-ci abandonne la procédure au profit de la concurrence sont élevés.

Pour appuyer nos dires, nous avons analysé un total de 17 millions de sessions utilisateur sur 13 sites web différents et dans 4 pays.

Les résultats sont sans appel puisque les acheteurs mobiles passent 24 minutes par site et consultent 26 pages en moyenne. 

L’objectif n’est donc pas de supprimer votre contenu, mais de fluidifier votre expérience utilisateur mobile !

Vous aimerez également : ROI en marketing digital : les 7 KPI UX à connaître absolument

 

3 – L’internaute mobile ne scrolle pas

Décidément, notre mobinaute semble avoir toutes les qualités. Non content d’être pressé et exigeant, il serait également un peu paresseux…

Pourtant, une étude de Chartbeat (entreprise spécialisée dans l’analyse de données) et menée en 2014 a révélé que la zone située sous la ligne de flottaison concentre à elle seule 66 % de l’attention des internautes sur une page web classique. 

Des chiffres à la fois rassurants et pas si surprenants compte-tenu de l’importance du scroll dans l’usage mobile : 

Dès lors, si les mobinautes sont disposés à scroller, il revient aux éditeurs de site de leur donner l’envie de parcourir davantage la page avec du contenu engageant.

Ce sera justement l’objectif de la zone située au-dessus de ligne de flottaison. Elle devra ainsi contenir suffisamment d’informations pour que l’internaute sache à qui il a affaire, afficher les éléments de navigation et un “teaser” (textuel ou visuel) l’incitant à aller plus loin.

 

homepage mobile ikea

Ikea propose un aperçu de ses produits du moment au-dessus de la ligne de flottaison.

 

4 – L’internaute tape toujours deux fois sur mobile

Connaissez-vous la règle dite des “trois clics” ? 

C’est très simple. Cette règle, qui n’a rien d’officiel, énonce qu’un internaute ne devrait jamais avoir à cliquer plus de trois fois pour accéder à une information précise sur un site web desktop.

Cette règle a été étendue au mobile pour devenir la règle des “deux taps”.

Pourtant, elle va à l’encontre même du fonctionnement du cerveau humain. Ainsi, le célèbre psychologue cognitif George A. Miller affirmait déjà en 1956 que le nombre d’objets pouvant tenir dans la mémoire de travail d’un humain moyen est de 7 plus ou moins 2.

On comprend alors que la capacité de traitement du cerveau est limitée et qu’il est préférable de lui proposer un nombre restreint d’options afin de l’aider dans son choix.

Paradoxalement, la règle des deux taps s’oppose très souvent à cet état de fait.

Pourquoi ? Tout simplement car elle privilégie la rapidité plutôt que la simplicité, conduisant à afficher sur une seule et même page un grand nombre d’informations accessibles, certes, en quelques clics mais saturant littéralement le cerveau de l’utilisateur.

Par conséquent, il est nécessaire de limiter au maximum les efforts de compréhension qui devront être fournis par le visiteur, de réduire les choix possibles et d’adapter le parcours utilisateur au contexte. 

En clair : se mettre à la place de l’internaute !

 

5 – Le mobinaute est un swiper aguerri 

Vous connaissez très probablement le swipe, ce mouvement qui consiste à faire glisser son doigt sur l’écran afin de changer de page et largement popularisé par des applications comme Tinder.

Si cette fonctionnalité parfaitement adaptée au mobile s’est considérablement développée en quatre ans, elle n’est pas encore maîtrisée par tous les mobinautes.

Effectivement, bien qu’elle soit très populaire, certaines applications peinent encore à la mettre en place tandis que d’autres proposent le swipe mais sans l’indiquer clairement à l’utilisateur (via une flèche par exemple).

Pour complexifier encore un peu plus la chose, les applications n’utilisent pas toutes le swipe de la même façon : supprimer, se désabonner, enregistrer…

application whatsapp et swipe

Deux applications possibles du swipe sur Whatsapp (à gauche) et Youtube (à droite)

Enfin, et parce qu’il n’est pas à une contradiction près, le swipe peut aussi être victime de sa simplicité d’usage.

Il est ainsi très facile de réaliser un swipe par erreur pouvant entraîner la suppression non désirée d’un élément. Demander à l’internaute de confirmer son action ou lui donner la possibilité de revenir en arrière est donc primordial dans la mise en oeuvre du swipe.

Découvrez notre guide sur l’e-commerce mobile : l’expérience de navigation avant la conversion

 

6 – Le mobile n’est rien d’autre qu’un ordinateur de bureau miniature

Il est 18 heures. Sarah vient de terminer sa journée de cours. 

Comme tous les mercredis, elle se met en route vers le cinéma de son quartier où elle doit rejoindre deux de ses amis.

Sur le chemin, elle en profite pour acheter un sandwich dans sa boulangerie préférée. Elle n’a ni argent liquide ni carte bancaire sur elle mais qu’importe puisque son téléphone est doté du paiement sans contact.

En sortant, elle croise une ancienne camarade de lycée avec qui elle fait un selfie qui sera snappé dans la minute suivante à son ancien réseau.

Elle poursuit sa route et passe devant une boutique d’équipement sportif dont elle est cliente. Elle s’arrête brièvement devant la vitrine car elle aimerait investir dans un rétroviseur pour son vélo. 

Par chance, elle apprend via une notification de la boutique qui l’a détectée que celle-ci réalise des promotions sur les accessoires de cyclisme durant une semaine. Elle reviendra probablement ce weekend pour finaliser son achat.

Plus qu’un kilomètre de marche. Elle en profite pour lancer l’application Pokemon Go et réaliser un raid collaboratif avec d’autres joueurs de son équipe présents, par chance, au même endroit qu’elle.

Inutile de continuer davantage. Vous aurez compris que l’expérience utilisateur mobile ne peut définitivement plus être comparée à l’expérience desktop.

Le smartphone est désormais aux commandes des expériences 3.0 et des nouvelles narrations. Exit le temps où il était considéré comme un élément d’une stratégie 360° parmi d’autres.

Le mobile s’appréhende désormais comme le hub d’engagement principal de la marque, comme un pont entre numérique et physique et l’outil idéal pour proposer une expérience riche et continue à ses prospects et clients.

Découvrez comment Contentsquare peut analyser le comportement de vos visiteurs mobile !

 

7 – Il n’y a pas de différence entre l’UX et l’UI

Vous ne connaissez pas la différence entre l’expérience utilisateur et l’interface utilisateur ? 

Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seul. 

Concrètement, l’UI (ou User Interface) comprend uniquement les éléments graphiques d’une application ou d’un site web tels que les boutons, les animations ou les images. En d’autres termes, il s’agit du rendu de l’interface.

L’UX (ou User Experience) se concentre avant tout sur le fonctionnement de l’interface, son efficience et les sensations procurées par son utilisation. 

Pour une définition plus poussée, nous vous recommandons chaudement la lecture de notre article entièrement dédié à l’UX.

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Différences entre l’UX et l’UI par UXOUI

Cette confusion fréquente engendre souvent des problèmes d’utilisabilité des applications ou sites web mobiles.

La cause est simple : une importance considérable portée à l’interface et à son design au détriment du parcours lui-même.

C’est par exemple le cas des notifications. 

Nous savons que l’envoi intempestif de notifications constitue l’une des principales raisons de désinstallation d’une application, et ce, depuis 2013

Pourtant, nombreuses sont les équipes produit à se lancer dans le design des notifications sans avoir pris le temps nécessaire à l’élaboration d’un système intelligent, qui ferait parvenir les bons messages au bon moment aux utilisateurs.

Comme nous l’avons vu, les mythes entourant l’UX mobile ont encore de longs mois (année ?) d’existence devant eux.

Mais au-delà des simples croyances, ces mythes conduisent à de véritables erreurs stratégiques pouvant peser lourdement sur des sites web ou des applications au développement coûteux et à l’importance business cruciale.

Vous avez des doutes sur l’efficacité et la clarté de votre parcours utilisateur ? Nous vous proposons d’auditer ensemble votre interface afin d’en évaluer les forces mais aussi les leviers d’optimisation. Le tout, autour d’un bon café. ;

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Auteur
Pierre Sommer

Pierre fait partie de l'équipe Marketing de Contentsquare. Il aime l'UX, les blogs, et les blogs sur l'UX.

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