Contentsquare x AdapteMonWeb – Interview avec Marion Ranvier

Marion Ranvier
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15 octobre 2020
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Temps de lecture 4min

Marion est la fondatrice et CEO de AdapteMonWeb, une technologie d’assistance, récemment acquise par Contentsquare et qui défend l’accessibilité du web pour tous. Marion nous explique justement ce qu’est l’accessibilité numérique et pourquoi c’est important aujourd’hui. 

Comment l’idée d’AdapteMonWeb vous est venue ?

À l’heure actuelle, 1 personne sur 4 rencontre des difficultés lorsqu’elle navigue en ligne. L’OMS estime à 2,2 milliards le nombre de personnes souffrant de déficience visuelle. Cela représente presque 20 % de la population mondiale ! Et en parallèle, on estime que plus de 70 % des sites web ne sont pas accessibles à tous. AdapteMonWeb a pour objectif de proposer une solution pour palier à ce manque.

Pourquoi tant de sites ne remplissent pas les critères d’accessibilité ?

Effectivement, 70 % de sites non accessibles, c’est beaucoup. On peut l’expliquer par le fait que l’accessibilité numérique est souvent perçue comme chronophage et complexe à mettre en place. Et c’est vrai, retravailler tout le code de son site représente un investissement humain et financier conséquent. 

Les lois en faveur de l’accessibilité sont bien en train d’évoluer mais elles ne s’appliquent pas à tous les secteurs. Le but d’AdapteMonWeb est de sensibiliser les entreprises sur ce sujet et de les accompagner dans leur volonté à devenir plus accessibles. Au-delà de la législation, cette question est de notre responsabilité à tous.

Comment votre technologie fonctionne-t-elle ?

C’est une solution d’assistance en ligne qui permet aux visiteurs d’un site d’adapter leur expérience digitale à leurs besoins spécifiques, peu importe leur handicap (dyslexie, déficience visuelle…). Le développement de la solution s’est fait en collaboration avec des professionnels de santé et des chercheurs. Notre solution peut être utilisée par n’importe quelle marque qui souhaite rendre l’expérience en ligne accessible.

Quel type de handicap est pris en compte par votre technologie ?

Notre plug-in s’adresse à des utilisateurs malvoyants. Ce peut être des personnes daltoniennes, atteintes de glaucome ou de la cataracte. Au-delà des déficiences visuelles, la solution peut être aussi utilisée par les personnes souffrant de problèmes cognitifs (dyslexie, autisme, trouble de l’attention…), d’handicaps moteurs (maladie de Parkinson, arthrite…). On peut très bien aussi l’utiliser dans des cas d’illettrisme ou tout simplement pour des personnes peu habituées à naviguer en ligne.

Il me semble que c’est un projet familial, non ?

Tout à fait ! Mon père est un entrepreneur dans la Tech depuis 1994 et nous avions en tête depuis plusieurs années de travailler ensemble. Le timing était parfait, il venait de prendre sa retraite et moi de quitter mon poste chez Lagardère ! Il nous conseille depuis deux ans sur le développement des produits et la roadmap et nous guide dans notre vision.

À quoi cela ressemble de travailler avec son père ?

C’est vraiment génial ! Je suis ravie de partager cette aventure avec lui. Il est de très bon conseil. Il m’a beaucoup aidée lorsqu’il a fallu créer l’équipe R&D et choisir les bonnes technologies.

Bien sûr, ce n’est pas toujours un long fleuve tranquille car nous sommes tous les deux perfectionnistes, mais ce projet nous a clairement rapprochés et nous formons une super équipe.

Travailler dans la Tech, c’est quelque chose que vous avez toujours voulu ?

Au départ, je travaillais chez Lagardère dans la branche TV. Mais après 5 ans, j’avais très envie de lancer mon propre projet. Il me tenait à coeur que ce projet ait un impact et du sens. C’est ainsi qu’en mai 2018, j’ai repris l’entreprise Aidodys, une plateforme venant en aide à des étudiants dyslexiques.

Qu’est-ce qui vous a attiré chez Aidodys ?

L’outil en lui-même m’a tout simplement impressionné. Il permettait aux étudiants de créer un profil lecteur entièrement personnalisé et d’adapter des documents à leurs propres besoins, peu importe le format (word, pdf, jpeg…).

Je souffre moi-même d’une légère dyslexie, donc sensibiliser sur ce sujet prenait tout son sens pour moi. Et parvenir à développer une technologie d’assistance pour les personnes souffrant de dyslexie est un vrai accomplissement.

J’ai donc fait des recherches sur l’accessibilité numérique, notamment dans le système éducatif et ce que j’ai trouvé était alarmant ! Il y a une vraie différence entre un code accessible et l’accessibilité numérique. Le code par exemple est beaucoup moins flexible, il ne permet pas de personnaliser la lecture. 

Qu’est ce qui va changer maintenant qu’AdapteMonWeb rejoint Contentsquare ?

L’engagement de Contentsquare sur l’accessibilité numérique est un vrai moteur. Il ne s’agissait pas pour Jonathan (CEO de Contentsquare) de seulement acheter une nouvelle technologie. Rappelons que cette solution améliorer le quotidien de 20 % de la population qui souffre de handicap. S’associer à Contentsquare va nous permettre de passer à la vitesse supérieure.

Nous allons également créer une fondation pour permettre aux universités, aux écoles et aux organisations de santé de bénéficier de cette technologie. L’accessibilité numérique contribue à rendre la société plus inclusive. C’est fantastique de voir comme le travail de toutes nos équipes porte ses fruits.

Le mot de la fin, que conseillerez-vous aux équipes digitales qui souhaite favoriser l’accessibilité sur leurs sites ?

Comme pour tout projet, intégrer l’accessibilité en amont est bien plus aisé.

Voici quelques bonnes pratiques que des entreprises peuvent mettre en place afin de faciliter l’implémentation d’outils d’assistance (Jaws ou NVDA) :

  • Ajouter des balises Alt sur les images
  • Ajouter un titre à chaque image en donnant le contexte
  • Proposer un contraste suffisant
  • Hiérarchiser les titres
Auteur

Marion Ranvier

Marion est la fondatrice et CEO de AdapteMonWeb, une technologie d’assistance, récemment acquise par Contensquare et qui défend l’accessibilité du web pour tous.